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«On a d’abord eu peur de tourner avec eux»

«On a d’abord eu peur de tourner avec eux»

Vincent Cassel et Reda Kateb
qui donnent la réplique à des autistes dans «Hors normes».

Image

Vincent Cassel (assis) et Reda Kateb (à dr.) interprètent Bruno et Malik, responsables de deux associations qui s'occupent d’autistes.. PPCO

 

PROPOS RECUEILLIS PAR
Catherine Balle

trait

ILS INCARNENT dans « Hors normes » Bruno et Malik, les doubles fictionnels de Stéphane Benhamou et Daoud Tatou, responsables de deux associations qui prennent en charge des autistes atteints de symptômes lourds. Vincent Cassel et Reda Kateb ont joué avec des comédiens, mais aussi de vrais autistes.

REDA KATEB

VINCENT CASSEL

Vous avez accepté le film avant même qu’Eric Toledano et Olivier Nakache ne l’écrivent...

R.K. Oui. Il y a deux ans, ils nous ont dit qu’ils avaient en vie de faire un film sur Stéphane et Daoud, avec qui ils étaient amis depuis vingt ans. Pour l'écrire, ils avaient besoin de penser à des acteurs. Vincent et moi sommes allés chacun dans les deux associations. Là, on a senti qu ’au–delà du projet d’un film il y avait la promesse d’un voyage humain très singulier et très fort.

A ce moment-là, vous saviez quoi de l’autisme ?

V.C. Pas grand-chose. Une idée un peu fantasmée avec le film « RainMan », selon la quelle l’autiste est quelqu’un de surdoué, qu’on ne comprend pas. On s’est rendu compte que c’était beaucoup moins glamour.

R.K. On a compris qu’en France, plus votre situation médicale demande de l’at tention, mieux vous êtespris en charge, alors que pour les autistes, c’est l’inverse : plus votre cas est lourd, plus vous entrez dans un angle mort de la prise en charge.

L’idée de jouer avec de vraies personnes autistes vous a-t-elle fait peur ?

R.K. Oui. La première fois mins faire du foot en salle avec l’association, un éduca teur s’est pris un coup de tête. J’avais peur de m’en manger un aussi... Et plein d’autres peurs : celle de ne pas être aussi juste que lesgens qu ’on observait, que les autistes s ’attachent trop ànous...

V.C. J’avais toutes cespeurslà, et aussi celle de ne pas avoir la distance nécessaire. Quand je suis arrivé dans les associations, j’étais submergé par l’émotion. Or, la pitié et la compassion n’ont rien à faire là. Il fallait être bien veillant, sans être larmoyant.

Comment avez-vous tourné avec ces jeunes autistes ?

V.C. On devait s’adapter. On ne peut pas prévoir ce que va dire un autiste. Par fois, c’est bouleversant ou rigolo ou chiant, trop long. Mais, çanous ramène àl’es sence de l’acteur :la nécessi té d’improviser.

R.K. Chaque acteur autiste était accompagné de son encadrant et, parfois, de ses parents. Quand un jeune manifestait des premiers signes d’agitation, il y avait un encadrant qui prenait soin de lui et l’écartait de la situation... Tout était fait pour protéger les autistes. C’est pour ça que le personnage qui fait une crise dans le film est incarné par un acteur : c’était impensable de demander à un autiste de jouer ça.

Finalement, le tournage était éprouvant, joyeux, drôle ?

R.K. C’était une belle colonie de vacances. Et un tournage hors norme, dans le sens où personne n’était figé dans son statut.

signe
Il fallait être
bienveillant,
sans être larmoyant
VINCENT CASSEL

Source : Quotidien Le Parisien - N°23371 du 23 octobre 2019

Vincent Cassel (assis) et Reda Kateb (à dr.) interprètent Bruno et Malik, responsables de deux associations qui s'occupent d’autistes.. PPCO

 

PROPOS RECUEILLIS PAR
Catherine Balle

trait

ILS INCARNENT dans « Hors normes » Bruno et Malik, les doubles fictionnels de Stéphane Benhamou et Daoud Tatou, responsables de deux associations qui prennent en charge des autistes atteints de symptômes lourds. Vincent Cassel et Reda Kateb ont joué avec des comédiens, mais aussi de vrais autistes.

REDA KATEB

VINCENT CASSEL

Vous avez accepté le film avant même qu’Eric Toledano et Olivier Nakache ne l’écrivent...

R.K. Oui. Il y a deux ans, ils nous ont dit qu’ils avaient en vie de faire un film sur Stéphane et Daoud, avec qui ils étaient amis depuis vingt ans. Pour l'écrire, ils avaient besoin de penser à des acteurs. Vincent et moi sommes allés chacun dans les deux associations. Là, on a senti qu ’au–delà du projet d’un film il y avait la promesse d’un voyage humain très singulier et très fort.

A ce moment-là, vous saviez quoi de l’autisme ?

V.C. Pas grand-chose. Une idée un peu fantasmée avec le film « RainMan », selon la quelle l’autiste est quelqu’un de surdoué, qu’on ne comprend pas. On s’est rendu compte que c’était beaucoup moins glamour.

R.K. On a compris qu’en France, plus votre situation médicale demande de l’at tention, mieux vous êtespris en charge, alors que pour les autistes, c’est l’inverse : plus votre cas est lourd, plus vous entrez dans un angle mort de la prise en charge.

L’idée de jouer avec de vraies personnes autistes vous a-t-elle fait peur ?

R.K. Oui. La première fois mins faire du foot en salle avec l’association, un éduca teur s’est pris un coup de tête. J’avais peur de m’en manger un aussi... Et plein d’autres peurs : celle de ne pas être aussi juste que lesgens qu ’on observait, que les autistes s ’attachent trop ànous...

V.C. J’avais toutes cespeurslà, et aussi celle de ne pas avoir la distance nécessaire. Quand je suis arrivé dans les associations, j’étais submergé par l’émotion. Or, la pitié et la compassion n’ont rien à faire là. Il fallait être bien veillant, sans être larmoyant.

Comment avez-vous tourné avec ces jeunes autistes ?

V.C. On devait s’adapter. On ne peut pas prévoir ce que va dire un autiste. Par fois, c’est bouleversant ou rigolo ou chiant, trop long. Mais, çanous ramène àl’es sence de l’acteur :la nécessi té d’improviser.

R.K. Chaque acteur autiste était accompagné de son encadrant et, parfois, de ses parents. Quand un jeune manifestait des premiers signes d’agitation, il y avait un encadrant qui prenait soin de lui et l’écartait de la situation... Tout était fait pour protéger les autistes. C’est pour ça que le personnage qui fait une crise dans le film est incarné par un acteur : c’était impensable de demander à un autiste de jouer ça.

Finalement, le tournage était éprouvant, joyeux, drôle ?

R.K. C’était une belle colonie de vacances. Et un tournage hors norme, dans le sens où personne n’était figé dans son statut.

signe
Il fallait être
bienveillant,
sans être larmoyant
VINCENT CASSEL

Source : Quotidien Le Parisien - N°23371 du 23 octobre 2019

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