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Une comédie « hors normes » sur l’autisme

Une comédie « hors normes » sur l’autisme

— Dans un film à la tonalité plus grave qu’à son habitude, le duo Toledano-Nakache met en scène deux éducateurs qui se battent pour venir en aide à de jeunes autistes au mépris des normes et des règlements. Une leçon d’humanité.

Hors Normes ★★
d’Éric Toledano et
Olivier Nakache
Film français, 1h 54

Le duo de réalisateurs d’Intouchables s’est fait depuis quelques années une spécialité de traiter des sujets graves sous les atours de la comédie populaire, sans jamais verser dans la caricature ou l’excès de bons sentiments. Simplement en jetant un regard bienveillant sur le monde qui les entoure. Et sur ceux qui tentent, à leur échelle, de le rendre un peu meilleur. C’est une fois de plus le cas avec ce film qui s’attaque à un sujet rarement montré à l’écran : celui dela prise en charge des cas les plus complexes d’enfants et d’adolescents autistes dont la violence, souvent exercée contre euxmêmes, leur vaut d’être enfermés ou rejetés par la plupart des structures existantes.

Comme souvent avec Éric Toledano et Olivier Nakache, leur sujet est d’abord le fruit d’une rencontre. Celle de deux éducateurs, Stéphane Benhamou et Daoud Tatou. À la tête de leurs associations Le silence des justes et Le relais Île-de- France, ils sebattent depuis plus de vingt ans pour accueillir sans discrimination ces enfants. Le premier dans des centres de vacances ou dans une structure d’urgence ouverte 24 heures sur 24; le second en formant des jeunes désoeuvrés des quartiers populaires à être référents de personnes atteintes d’autisme, faisant ainsi deux bonnes actions en une. Un juif pratiquant et un musulman originaire de banlieue, qui dépassent leur culture, leur identité et leur religion au service d’une même cause : tous les ingrédients étaient réunis pour séduire les deux cinéastes.

Ce sont Vincent Cassel, rarement vu dans ce type de rôle, et Reda Kateb qui incarnent à l’écran les deux hommes. Bruno et Malik se démènent dans l’urgence entre la difficulté de leur mission, les angoisses des familles, la démission de certaines institutions et les contraintes de l’administration, les obligeant à utiliser parfois les failles du système pour répondre aux besoins. Bruno en particulier, incapable de dire non – « Je vais trouver une solution » est son mantra –, est dans le viseur de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) pour ses méthodes pas toujours orthodoxes. Pendant que deux énarques sont chargés d’enquêter sur sa 

Très documenté sur le sujet,
mélangeant acteurs
et non-professionnels,
vrais et faux autistes, le
film possède une dimension
quasi documentaire.

structure, la menaçant de fermeture, il tente à la fois d’insérer Joseph (formidable Benjamin Lesieur), un adulte autiste, dans la vie professionnelle et de sortir Valentin, enfermé depuis longtemps, de son isolement.

Des personnages « hors normes » pour une comédie qui ne l’est pas moins. Si les réalisateurs arrivent à nous faire rire avec des gags récurrents (les rendez-vous arrangés de Bruno pour lui trouver une épouse, les tentatives de Joseph pour prendre le métro sans tirer compulsivement le signal d’alarme, etc.), instillant de l’humour dans les interstices du récit, la tonalité s’avère plus grave que d’habitude. « La comédie, c’est parfois de la tristesse déguisée », reconnaît Éric Toledano. Soucieux de coller le plus possible à la réalité, très documenté sur le sujet, mélangeant acteurs et non-professionnels, vrais et faux autistes, le film possède une dimension quasi documentaire qui pourra dérouter certains spectateurs.

Ce serait dommage, Ce serait dommage, car même si le scénario manque un peu de souffle, le film épate par l’énergie qu’il déploie dans la mise en scène, sa façon d’affronter sans aucune concession la dureté du sujet, et le message quasi transgressif qu’il envoie. C’est aussi un magnifique hommage rendu aux personnes dans les associations qui se dévouent parfois en marge du système. « Il y a ceux qui vous regardent et ne vous écoutent plus. Et il ya les autres, explique Hélène, la mère de Joseph aux inspecteurs de l’Igas. Ceux-là ne sont plus très nombreux. »

Céline Rouden

  Source : Quotidien La croix - N°41540 du 23 octobre 2019

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