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« Au seuil d’un monde nouveau »

« Au seuil d’un monde nouveau »

Comédie. Reda Kateb est entré dans le monde « Hors normes » d’Éric Toledano et Olivier Nakache. Avec Vincent Cassel, il nous ouvre les yeux sur les combats menés par des associations venant en aide aux autistes.

 

 

Reda Kateb, entouré des réalisateurs
Olivier Nakache et Eic Toledano,
lors du Festival de Cannes :
« Le film pose la question : qu’est-ce que
la norme ? » © Jacovides-Moreau / Bestimage

Image

C’est en passant son diplôme de directeur de colonie de vacances qu’Éric Toledano a rencontré Ste phane Benhamou, le créateur du Silence des Justes – le Bruno joué par Vincent Cassel. Avec Olivier Nakache, il coréalise un film de six minutes pour présenter l’association spécialisée dans l’accueil et l’insertion des enfants et adolescents autistes. Vingt ans plus tard, il rencontre Daoud Tatou – le Malik interprété par Reda Kateb –, devenu depuis directeur du Relais IDF qui s’occupe également d’autisme. De quoi rallumer la flamme. Mais il aura encore fallu du temps et le succès d’Intouchables, de Samba, du Sens de la fête… pour que les deux complices se lancent. Ils signent aujourd’hui Hors normes, une comédie reflétant avec émotion l’énergie et la disponibilité des équipes encadrantes, et la bouleversante alchimie entre référents et autistes. Le doux Reda Kateb nous raconte l’expérience qu’il a vécue et qui l’a marqué au point d’avoir accepté d’être le parrain du Relais IDF. Eric Toledano et Olivier Nakache sont connus pour signer des films très populaires. Avez-vous été surpris qu’ils fassent appel à vous que l’on voit plus souvent dans des films d’auteur ?

Reda Kateb : « En fait, depuis le début, je brouille les pistes dans les rôles ou les types de cases de cinéma dans lesquelles on peut essayer de me mettre. Une des choses qui me tient à cœur, c’est de déjouer toute forme d’étiquetage et d’ouvrir le plus largement possible le champ de mes projets. »

Et finalement, comment êtes-vous arrivé dans cette aventure ?

« Olivier et Éric m’ont parlé de leur projet tout en me disant qu’ils n’avaient pas encore de scénario. Qu’avant de se lancer, ils avaient besoin de mettre des visages et des musiques de voix pour l’écriture et qu’ils pensaient déjà à Vincent Cassel et à moi. »

Et qu’est-ce qui vous a décidé ?

« J’ai d’abord été très touché par tout ce qu’ils m’ont raconté sur les gens qui dirigent les associations. Et j’avais très envie de jouer avec Vincent Cassel. Et puis, on est allé visiter les deux associations et à la fin de la journée, je leur ai dit que j’étais de la partie. »

Quel a été le déclic ?

« Je ne connaissais quasiment rien à l’autisme. En entrant dans ces lieux, en voyant les personnes concernées, en observant les gens qui s’en occupent, tout ce mélange socioculturel et religieux, j’ai senti que j’étais vraiment au seuil d’un monde nouveau, très riche. J’ai ressenti quelque chose de très rare et de très fort : tout l’amour qui entoure ces jeunes et qui, finalement, va au-delà des souffrances. »

«On était tous mélangés»
trait

Pour vous, « Hors normes » est-il un film nécessaire ?

« Je trouve qu’on a besoin de montrer que ces choses-là marchent aujourd’hui en France, à un moment où on nous fait croire que tout le monde ne fait que retourner vers sa communauté, où un foulard peut devenir un problème… Ici, la question ne se pose pas. »

Vous incarnez Daoud Tatou. Comment abordez-vous le fait de jouer une personne qui existe vraiment ?

« Il y a forcément une forme de responsabilité. Déjà, lorsque j’avais fait Django (Ndlr : Reinhardt), même s’il n’était plus des nôtres depuis longtemps, j’avais senti cette responsabilité, ne serait-ce que parce qu’il représente un symbole pour les manouches. Daoud Tatou appréciait déjà ce que je faisais et il était très heureux de savoir que c’est moi qui allais jouer Malik, le personnage inspiré de lui. Il m’a ouvert toutes les portes de son association et on a passé beaucoup de temps ensemble. »

Avez-vous trouvé des points communs avec lui ?

« Oui, mais ce n’est pas à nous de les trouver. L’acteur part de la légitimité que lui donne le metteur en scène qui croit qu’il est le personnage. Moi, plus que de chercher du mimétisme vis-à-vis de Daoud, je préférais m’immerger sur son terrain pour pouvoir avoir autant d’aisance, de spontanéité et de justesse au moment de l’incarner. Et puis il y avait aussi l’admiration que je lui portais : autant il faut aimer le personnage qu’on incarne, autant c’est rare d’éprouver de l’admiration. En revanche c’est une chose dont il faut se débarrasser pour pouvoir y mettre du contraste, lui donner des traits qui ne soient pas que angélico-héroïques. »

Comment avez-vous abordé le fait de jouer face à Vincent Cassel, mais aussi avec des acteurs non professionnels, et même des autistes ?

« Personne n’est arrivé avec un statut particulier. On était tous mélangés : il y avait des éducateurs qui étaient acteurs, des acteurs qui jouaient des autistes, des autistes qui faisaient les acteurs. Moi j’envisage chacun de mes partenaires comme s’il était le personnage, et c’est à moi d’être au rendez-vous. D’ailleurs, je joue souvent avec ce qu’on appelle des non professionnels, c’est même une chose pour laquelle on m’appelle régulièrement. »

Pourquoi ?

« Parce que j’aime ça et que d’une certaine manière, je réapprends mon métier avec eux. Il faut se méfier du côté professionnel. Quand on commence à penser que l'on connaît son métier et qu’on vient juste l’exercer, je pense que c’est le début de la fin. »

«Le talent de toute une jeunesse»
trait

L’envie de ce rôle est-elle devenue une nécessité ?

« Je pense qu’on peut le dire de la plupart de tous mes rôles. Mais au final, pour celui-ci, c’était peut-être plus une envie qu’une nécessité (rire) car tout s’est fait avec beaucoup de plaisir. Ensuite, ce que j’ai senti, c’est que le parcours qui m’était proposé dans la préparation, le tournage, et encore aujourd’hui la promo, seraient pour le coup hors normes, différents des autres projets sur lesquels j’ai travaillé. »

Et justement, ce « Hors normes » qui sert de titre au film, ne concerne pas uniquement les autistes…

« Oui, c’est aussi les associations qui ne sont pas dans la norme, c’est aussi tous ces jeunes de quartier avec lesquels Malik fait de la réinsertion, en devenant des référents pour les autistes. Il faut voir le talent de toute cette jeunesse. Je n’ai pas l’impression qu’on les éclaire souvent de cette manière-là. Et pourtant, tout change par le regard qu’on peut porter sur les autres. Ces jeunes ont besoin qu’on les regarde, eux aussi sont en manque, ils se sentent marginalisés. Hors normes donne plein de points d’entrée qui font que chaque élément de ce film n’est pas dans la norme. Ce n’est pas un film brûlot, il est juste là pour poser la question : qu’est-ce que c’est la norme ? Et c’est peut-être en cela qu’il est nécessaire. »

PROPOS RECUEILLIS PAR GENEVIÈVE CHEVAL

 Source : Paris Normandie du 23 octobre 2019

C’est en passant son diplôme de directeur de colonie de vacances qu’Éric Toledano a rencontré Ste phane Benhamou, le créateur du Silence des Justes – le Bruno joué par Vincent Cassel. Avec Olivier Nakache, il coréalise un film de six minutes pour présenter l’association spécialisée dans l’accueil et l’insertion des enfants et adolescents autistes. Vingt ans plus tard, il rencontre Daoud Tatou – le Malik interprété par Reda Kateb –, devenu depuis directeur du Relais IDF qui s’occupe également d’autisme. De quoi rallumer la flamme. Mais il aura encore fallu du temps et le succès d’Intouchables, de Samba, du Sens de la fête… pour que les deux complices se lancent. Ils signent aujourd’hui Hors normes, une comédie reflétant avec émotion l’énergie et la disponibilité des équipes encadrantes, et la bouleversante alchimie entre référents et autistes. Le doux Reda Kateb nous raconte l’expérience qu’il a vécue et qui l’a marqué au point d’avoir accepté d’être le parrain du Relais IDF. Eric Toledano et Olivier Nakache sont connus pour signer des films très populaires. Avez-vous été surpris qu’ils fassent appel à vous que l’on voit plus souvent dans des films d’auteur ?

Reda Kateb : « En fait, depuis le début, je brouille les pistes dans les rôles ou les types de cases de cinéma dans lesquelles on peut essayer de me mettre. Une des choses qui me tient à cœur, c’est de déjouer toute forme d’étiquetage et d’ouvrir le plus largement possible le champ de mes projets. »

Et finalement, comment êtes-vous arrivé dans cette aventure ?

« Olivier et Éric m’ont parlé de leur projet tout en me disant qu’ils n’avaient pas encore de scénario. Qu’avant de se lancer, ils avaient besoin de mettre des visages et des musiques de voix pour l’écriture et qu’ils pensaient déjà à Vincent Cassel et à moi. »

Et qu’est-ce qui vous a décidé ?

« J’ai d’abord été très touché par tout ce qu’ils m’ont raconté sur les gens qui dirigent les associations. Et j’avais très envie de jouer avec Vincent Cassel. Et puis, on est allé visiter les deux associations et à la fin de la journée, je leur ai dit que j’étais de la partie. »

Quel a été le déclic ?

« Je ne connaissais quasiment rien à l’autisme. En entrant dans ces lieux, en voyant les personnes concernées, en observant les gens qui s’en occupent, tout ce mélange socioculturel et religieux, j’ai senti que j’étais vraiment au seuil d’un monde nouveau, très riche. J’ai ressenti quelque chose de très rare et de très fort : tout l’amour qui entoure ces jeunes et qui, finalement, va au-delà des souffrances. »

«On était tous mélangés»
trait

Pour vous, « Hors normes » est-il un film nécessaire ?

« Je trouve qu’on a besoin de montrer que ces choses-là marchent aujourd’hui en France, à un moment où on nous fait croire que tout le monde ne fait que retourner vers sa communauté, où un foulard peut devenir un problème… Ici, la question ne se pose pas. »

Vous incarnez Daoud Tatou. Comment abordez-vous le fait de jouer une personne qui existe vraiment ?

« Il y a forcément une forme de responsabilité. Déjà, lorsque j’avais fait Django (Ndlr : Reinhardt), même s’il n’était plus des nôtres depuis longtemps, j’avais senti cette responsabilité, ne serait-ce que parce qu’il représente un symbole pour les manouches. Daoud Tatou appréciait déjà ce que je faisais et il était très heureux de savoir que c’est moi qui allais jouer Malik, le personnage inspiré de lui. Il m’a ouvert toutes les portes de son association et on a passé beaucoup de temps ensemble. »

Avez-vous trouvé des points communs avec lui ?

« Oui, mais ce n’est pas à nous de les trouver. L’acteur part de la légitimité que lui donne le metteur en scène qui croit qu’il est le personnage. Moi, plus que de chercher du mimétisme vis-à-vis de Daoud, je préférais m’immerger sur son terrain pour pouvoir avoir autant d’aisance, de spontanéité et de justesse au moment de l’incarner. Et puis il y avait aussi l’admiration que je lui portais : autant il faut aimer le personnage qu’on incarne, autant c’est rare d’éprouver de l’admiration. En revanche c’est une chose dont il faut se débarrasser pour pouvoir y mettre du contraste, lui donner des traits qui ne soient pas que angélico-héroïques. »

Comment avez-vous abordé le fait de jouer face à Vincent Cassel, mais aussi avec des acteurs non professionnels, et même des autistes ?

« Personne n’est arrivé avec un statut particulier. On était tous mélangés : il y avait des éducateurs qui étaient acteurs, des acteurs qui jouaient des autistes, des autistes qui faisaient les acteurs. Moi j’envisage chacun de mes partenaires comme s’il était le personnage, et c’est à moi d’être au rendez-vous. D’ailleurs, je joue souvent avec ce qu’on appelle des non professionnels, c’est même une chose pour laquelle on m’appelle régulièrement. »

Pourquoi ?

« Parce que j’aime ça et que d’une certaine manière, je réapprends mon métier avec eux. Il faut se méfier du côté professionnel. Quand on commence à penser que l'on connaît son métier et qu’on vient juste l’exercer, je pense que c’est le début de la fin. »

«Le talent de toute une jeunesse»
trait

L’envie de ce rôle est-elle devenue une nécessité ?

« Je pense qu’on peut le dire de la plupart de tous mes rôles. Mais au final, pour celui-ci, c’était peut-être plus une envie qu’une nécessité (rire) car tout s’est fait avec beaucoup de plaisir. Ensuite, ce que j’ai senti, c’est que le parcours qui m’était proposé dans la préparation, le tournage, et encore aujourd’hui la promo, seraient pour le coup hors normes, différents des autres projets sur lesquels j’ai travaillé. »

Et justement, ce « Hors normes » qui sert de titre au film, ne concerne pas uniquement les autistes…

« Oui, c’est aussi les associations qui ne sont pas dans la norme, c’est aussi tous ces jeunes de quartier avec lesquels Malik fait de la réinsertion, en devenant des référents pour les autistes. Il faut voir le talent de toute cette jeunesse. Je n’ai pas l’impression qu’on les éclaire souvent de cette manière-là. Et pourtant, tout change par le regard qu’on peut porter sur les autres. Ces jeunes ont besoin qu’on les regarde, eux aussi sont en manque, ils se sentent marginalisés. Hors normes donne plein de points d’entrée qui font que chaque élément de ce film n’est pas dans la norme. Ce n’est pas un film brûlot, il est juste là pour poser la question : qu’est-ce que c’est la norme ? Et c’est peut-être en cela qu’il est nécessaire. »

PROPOS RECUEILLIS PAR GENEVIÈVE CHEVAL

 

 Source : Paris Normandie du 23 octobre 2019

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