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« HORS NORMES » Association de bientaiteurs

L'ÉVÉNEMENT

« On a mis de la comédie partout où on pouvait »

Dans « Hors Normes », Eric Toledano et Olivier Nakache évoquent l'insertion des autistes dans la société avec une revigorante humanité.

L'ÉVÉNEMENT

« On a mis de la comédie partout où on pouvait »

Dans « Hors Normes », Eric Toledano et Olivier Nakache évoquent l'insertion des autistes dans la société avec une revigorante humanité.

Image

PROPOS RECUEILLIS PAR
NATHALIE SIMON

Leur formule est éprouvée : explorer un sujet difficile sans omettre l’humour. Dans leur septième long-métrage, les inséparables Olivier Nakache et Éric Toledano mettent en scène des éducateurs qui aident de jeunes autistes à s’insérer dans la société. Avant le tournage d’En thérapie, leur première série pour Arte, le duo d’ Intouchables évoque la réalisation d’Hors normes.

LE FIGARO.- Comment avez-vous
découvert les deux associations,
Le Silence des justes et Le Relais
Île-de-France dont vous vous êtes
inspirés ?

Olivier NAKACHE.- Il y a une vingtaine d’années, Éric qui passait le BAFD pour être responsable de colonie de vacances a rencontré Stéphane Benhamou, le directeur du Silence des justes. Plus tard, Stéphane l’a rappelé pour tourner des images et il a rencontré Daoud Tatou, le fondateur du Relais Île-de-France. On a eu envie de s’impliquer et on ne s’est pas quittés depuis. On sesent bien dans ces associations qu’on a vu évoluer. Cela a infusé en nous.

Éric TOLEDANO.- Le travail de ces associations nous a impressionnés par le modèle qui se dégage de leur organisation, l’attention à l’autre. Au début, on avait pensé à réaliser un documentaire, mais, à un moment, la fiction s’est imposée. Certes, elle recrée les choses, mais c’est pour dire quelque chose de vrai. Comme disait Picasso : « L’art est un mensonge qui dit la vérité » .

Le tournage a-t-il eu un effet
thérapeutique ?
O.N.
- Pas seulement pour les acteurs en situation de handicap mais aussi pour les techniciens, pour tout le monde. Nous avons été en contact avec cesjeunes pendant deux ans, ils nous manquent, on a envie d’aller voir leur spectacle (donné dans le cadre de l’association Turbulences, NDLR). On écoute leurs silences qui sont en résonance avec ceux de personnes qui ne parlent pasdu tout.

E.T.- Il y a un lâcher-prise chez les enfants et adultes autistes qui ne se voient pas en représentation d’eux-mêmes. Aujourd’hui, on est submergé par une avalanche de moyens de communication. L’autisme, c’est certes une différence – eux n’ont pas envie qu’on les dise malades, ce que je comprends –, mais elle passe par une autre forme de communication, parfois, par de la violence qui est normalement répréhensible. Nous avons fait beaucoup de comédies, cherchant le rire. Cette fois, à la fin des projections, le silence se fait. Nous nous sommes rendu compte, dans notre chair, que le langage habituel n’est pas le seul moyen de communication.

O.N.- Luc Dardenne m’a dit : c’est une responsabilité de prendre deux heures de la vie des gens, le film doit être émouvant, drôle…

E.T.- Nous n’avons jamais pensé à faire un film neutre. Parfois on a réussi, parfois moins, mais on n’a jamais eud’autre ambition que de transmettre quelque chose de fort au public. Certains films ont changé ma vie comme My Left Foot de Jim Sheridan ou César et Rosalie. Ce sont des visions du monde qui m’ont été offertes jeune. Jen’ai pas d’autre objectif que dechanger celle des autres.

O.N.- On revoit souvent Nous nous sommes tant aimés qui dit beaucoup sur l’amitié, les idéaux, la vie, l’amour, la mort. On nous demande souvent pourquoi on n’a pas fait un documentaire, mais nous, on aime les acteurs. Nous sommes allés vers Vincent Cassel, Reda Kateb… Comme Montand et Signoret, ils sont hors normes !

Vous avez donc écrit le scénario
pour Vincent Cassel et Reda Kateb ?
E.T.
- À 100%, on voulait recréer la surprise des duos de cinéma. Comme on l’a fait pour Omar Sy et François Cluzet dans Intouchables. Depuis Mesrine, on admirait l’acteur Cassel, un performer jusqu’au-boutiste, un caméléon, mais il y avait un défi : il a souvent tué. Il n’a jamais joué de rôle empathique, on ne connaissait pas sa fragilité. Reda, c’est pareil, une espèce de charisme, d’obsession de la réalité, magnifique dans Un prophète et la série Engrenages. Notre envie de spectateur est bête et méchante : on veut croire, croire presque de façon religieuse à une histoire et ce sont les acteurs qui font qu’on y croit.

Comment s’est passé le tournage ?
O.N.- Il nous a demandé plus de préparation que pour un autre film, pour mettre en confiance, apprivoiser, notamment le jeune acteur qui est autiste, Benjamin Lesieur qui joue Joseph. On a fait un atelier avec lui pendant un an. Vincent et Reda se sont également investis dans les associations. On a l’impression qu’ils s’occupent de ces enfants depuis vingt ans.

Vous n’avez jamais renoncé à l’humour ?
E.T.- Ce personnage que joue Benjamin est inspiré de Yohann, un jeune autiste qui est décédé. Il tirait tout le temps les sonnettes d’alarme dans le métro. C’est la première scène qu’on a écrite, c’est un rire de situation sans moquerie. Les éducateurs sont des héros modernes qui s’investissent pour essayer de rendre les autistes autonomes dans les transports, pour qu’ils trouvent du travail et soient intégrés. On s’est permis de mettre de la comédie partout où on pouvait en mettre.

Comment vous partagez-vous les rôles ?
O.N.- À l’instinct. On est tous les deux derrière un ordinateur puis un combo. On fait tout ensemble.

E.T. - On est très scolaire. La phase d’écriture et d’immersion au sein des associations a duré deux ans. C’était presque comme une enquête journalistique. Il y a une philosophie dans ce film : quand on sort des règles, n’apporte- t-on pas un nouvel éclairage ? C’est ce que semblait nous dire chacun des intervenants. On est dans un domaine assez confus.

O.N.- Il y a 250 cas d’autismes. Chaque situation est unique et complexe. Souvent des couples explosent, Stéphane Benhamou reçoit des enfants placés par des juges. C’est difficile de légiférer.

E.T.- Il y a quelques années encore, on enfermait les malades dans des hôpitaux psychiatriques sans distinguer les pathologies. Le brouillard est à peine en train de se dissiper, il y a encore des milliers de cas qui ne sont pas pris en charge en France.

Pourriez-vous tourner un film l’un sans l’autre ?
O.N.
- On a envie d’avancer groupé. Luc Dardenne encore m’a dit : « Nous, on est frère, mais vous, vous êtes devenus frères. » On fait des films sur des gens « ordinaires » qui sortent parfois de l’ordinaire, extraordinaires donc, peutêtre hors normes.

E.T.- La norme se discute. Un jour, on remet en question la norme telle qu’on l’a apprise enfant, culturelle, religieuse. Tout part à vau-l’eau à un moment donné.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR
NATHALIE SIMON

Leur formule est éprouvée : explorer un sujet difficile sans omettre l’humour. Dans leur septième long-métrage, les inséparables Olivier Nakache et Éric Toledano mettent en scène des éducateurs qui aident de jeunes autistes à s’insérer dans la société. Avant le tournage d’En thérapie, leur première série pour Arte, le duo d’ Intouchables évoque la réalisation d’Hors normes.

LE FIGARO.- Comment avez-vous
découvert les deux associations,
Le Silence des justes et Le Relais
Île-de-France dont vous vous êtes
inspirés ?

Olivier NAKACHE.- Il y a une vingtaine d’années, Éric qui passait le BAFD pour être responsable de colonie de vacances a rencontré Stéphane Benhamou, le directeur du Silence des justes. Plus tard, Stéphane l’a rappelé pour tourner des images et il a rencontré Daoud Tatou, le fondateur du Relais Île-de-France. On a eu envie de s’impliquer et on ne s’est pas quittés depuis. On sesent bien dans ces associations qu’on a vu évoluer. Cela a infusé en nous.

Éric TOLEDANO.- Le travail de ces associations nous a impressionnés par le modèle qui se dégage de leur organisation, l’attention à l’autre. Au début, on avait pensé à réaliser un documentaire, mais, à un moment, la fiction s’est imposée. Certes, elle recrée les choses, mais c’est pour dire quelque chose de vrai. Comme disait Picasso : « L’art est un mensonge qui dit la vérité » .

Le tournage a-t-il eu un effet
thérapeutique ?
O.N.
- Pas seulement pour les acteurs en situation de handicap mais aussi pour les techniciens, pour tout le monde. Nous avons été en contact avec cesjeunes pendant deux ans, ils nous manquent, on a envie d’aller voir leur spectacle (donné dans le cadre de l’association Turbulences, NDLR). On écoute leurs silences qui sont en résonance avec ceux de personnes qui ne parlent pasdu tout.

E.T.- Il y a un lâcher-prise chez les enfants et adultes autistes qui ne se voient pas en représentation d’eux-mêmes. Aujourd’hui, on est submergé par une avalanche de moyens de communication. L’autisme, c’est certes une différence – eux n’ont pas envie qu’on les dise malades, ce que je comprends –, mais elle passe par une autre forme de communication, parfois, par de la violence qui est normalement répréhensible. Nous avons fait beaucoup de comédies, cherchant le rire. Cette fois, à la fin des projections, le silence se fait. Nous nous sommes rendu compte, dans notre chair, que le langage habituel n’est pas le seul moyen de communication.

O.N.- Luc Dardenne m’a dit : c’est une responsabilité de prendre deux heures de la vie des gens, le film doit être émouvant, drôle…

E.T.- Nous n’avons jamais pensé à faire un film neutre. Parfois on a réussi, parfois moins, mais on n’a jamais eud’autre ambition que de transmettre quelque chose de fort au public. Certains films ont changé ma vie comme My Left Foot de Jim Sheridan ou César et Rosalie. Ce sont des visions du monde qui m’ont été offertes jeune. Jen’ai pas d’autre objectif que dechanger celle des autres.

O.N.- On revoit souvent Nous nous sommes tant aimés qui dit beaucoup sur l’amitié, les idéaux, la vie, l’amour, la mort. On nous demande souvent pourquoi on n’a pas fait un documentaire, mais nous, on aime les acteurs. Nous sommes allés vers Vincent Cassel, Reda Kateb… Comme Montand et Signoret, ils sont hors normes !

Vous avez donc écrit le scénario
pour Vincent Cassel et Reda Kateb ?
E.T.
- À 100%, on voulait recréer la surprise des duos de cinéma. Comme on l’a fait pour Omar Sy et François Cluzet dans Intouchables. Depuis Mesrine, on admirait l’acteur Cassel, un performer jusqu’au-boutiste, un caméléon, mais il y avait un défi : il a souvent tué. Il n’a jamais joué de rôle empathique, on ne connaissait pas sa fragilité. Reda, c’est pareil, une espèce de charisme, d’obsession de la réalité, magnifique dans Un prophète et la série Engrenages. Notre envie de spectateur est bête et méchante : on veut croire, croire presque de façon religieuse à une histoire et ce sont les acteurs qui font qu’on y croit.

Comment s’est passé le tournage ?
O.N.- Il nous a demandé plus de préparation que pour un autre film, pour mettre en confiance, apprivoiser, notamment le jeune acteur qui est autiste, Benjamin Lesieur qui joue Joseph. On a fait un atelier avec lui pendant un an. Vincent et Reda se sont également investis dans les associations. On a l’impression qu’ils s’occupent de ces enfants depuis vingt ans.

Vous n’avez jamais renoncé à l’humour ?
E.T.- Ce personnage que joue Benjamin est inspiré de Yohann, un jeune autiste qui est décédé. Il tirait tout le temps les sonnettes d’alarme dans le métro. C’est la première scène qu’on a écrite, c’est un rire de situation sans moquerie. Les éducateurs sont des héros modernes qui s’investissent pour essayer de rendre les autistes autonomes dans les transports, pour qu’ils trouvent du travail et soient intégrés. On s’est permis de mettre de la comédie partout où on pouvait en mettre.

Comment vous partagez-vous les rôles ?
O.N.- À l’instinct. On est tous les deux derrière un ordinateur puis un combo. On fait tout ensemble.

E.T. - On est très scolaire. La phase d’écriture et d’immersion au sein des associations a duré deux ans. C’était presque comme une enquête journalistique. Il y a une philosophie dans ce film : quand on sort des règles, n’apporte- t-on pas un nouvel éclairage ? C’est ce que semblait nous dire chacun des intervenants. On est dans un domaine assez confus.

O.N.- Il y a 250 cas d’autismes. Chaque situation est unique et complexe. Souvent des couples explosent, Stéphane Benhamou reçoit des enfants placés par des juges. C’est difficile de légiférer.

E.T.- Il y a quelques années encore, on enfermait les malades dans des hôpitaux psychiatriques sans distinguer les pathologies. Le brouillard est à peine en train de se dissiper, il y a encore des milliers de cas qui ne sont pas pris en charge en France.

Pourriez-vous tourner un film l’un sans l’autre ?
O.N.
- On a envie d’avancer groupé. Luc Dardenne encore m’a dit : « Nous, on est frère, mais vous, vous êtes devenus frères. » On fait des films sur des gens « ordinaires » qui sortent parfois de l’ordinaire, extraordinaires donc, peutêtre hors normes.

E.T.- La norme se discute. Un jour, on remet en question la norme telle qu’on l’a apprise enfant, culturelle, religieuse. Tout part à vau-l’eau à un moment donné.

 

Image

                  Nous n’avons

Le Figaro signe

           jamais pensé

          à faire un film

      neutre. Parfois

on a réussi, parfois

moins, mais on n’a

jamais eu d’autre

ambition que

de transmettre

quelque chose

de fort au publicLe Figaro signe2

 

                  Nous n’avons

Le Figaro signe

              jamais pensé

             à faire un film

          neutre. Parfois

on a réussi, parfois

moins, mais on n’a

jamais eu d’autre

ambition que

de transmettre

quelque chose

de fort au publicLe Figaro signe2

 

De gauche à droite, Éric Toledano, Olivier Nakache et Vincent Cassel lors du tournage de « Hors normes ».
CAROLE BETHUEL/2019 QUAD/TEN CINEMA/GAUMONT

Source : Quotidien Le Figaro - N°nc du 23 octobre 2019

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